Depuis un certain temps, je n'arrive plus à prononcer le moindre mot. J'ai une langue de plomb, un goût de métal dans la bouche et dans la paume des mains. Constamment.
Alors voilà, avec l'opportunité des nouvelles résolutions pour la nouvelle année, je me suis risqué, une petite rétrospective.
Je suis silencieux parce que j'ai payé le prix de mes engagements
Je suis seul parce que l'amour me veut uniquement comme ami.
Je suis alcoolique parce que je ne contrôle rien de mes envies.
Je flambe toutes mes économies par manque de jugement
Je suis violent, déviant et agressif parce que je suis incapable d'exprimer mes frustrations.
Je n'ai plus rien à foutre de l'université, ni d'une quelconque forme d'éducation
Par manque d'espoir et de volonté envers soi.
J'ai des problèmes de stress parce que j'ai peur de tout, surtout de moi.
Je suis maniaque et parano parce que je ne m'adapte pas au changement.
Je me martyrise dans la discipline parce que j'essaie de surmonter mon détachement
J'ai un désintérêt total envers ma famille parce que je ne sais plus pourquoi ils m'aiment.
Je ne fais plus confiance aux femmes parce qu'un jour, j'ai eu confiance en eux.
Je suis devenu hypocrite et mythomane parce que je trouve du réconfort dans le mensonge.
Pour tous ceux qui voulaient apprendre à me connaître, c'est fait. Voilà pourquoi j'évite les rétrospectives...
C'est avec un verre de vin blanc à la main, murmurant l'Ave Maria du bout des lèvres que je profite des dernières minutes de cette année pour réfléchir à ce que j'ai fait, et pas fait jusqu'à présent.
Je vous consacre mes dernières pensées qui, comme l'an 2008, sont jetées au fond des âges en tombant avec des résonances d'adieu. Mon souhait pour 2009 : Je vous vois rèv/ivre.
Vous êtes l'espoir qu'il est toujours possible d'être heureux, de respirer le monde et de voir l'éternité derrière la lumière des voitures et au fond de la nuit. Vous êtes les mots qui n'ont pas besoin d'être dits, les histoires et les souvenirs tant partagés, qui nous échappent comme des grains de sable en travers la main. Vous êtes ceux avec qui j'ai respiré à pleins poumons l'air cristallin de la liberté, a rêver sur qui nous étions et ce que la destinée allait nous donner. Vous êtes ceux avec qui j'ai vécu. Nous avons tellement vécu, nous avons appris, nous avons eu mal, nous avons fait mal, et on a tellement été cons. Nous avons connu l'espoir et les illusions. Nous avons connu l'amour et la déception. Peu importe ce que nous avons fait, nous l'avons fait ensemble et sincèrement, c'est tout ce qui compte. Un jour, quand notre visage sera couvert de rides, et nos cheveux très gris, nous n'aurons qu'à lever les yeux au ciel pour nous souvenir de tous les simples souvenirs d'amis longtemps oubliés et de nous. Cette vision d'une gang d'amis qui se prépare à faire face au monde, chacun à sa façon. Et de voir, bien des années plus tard, le rêve dans les yeux d'autres jeunes nous rappellera le même feu, la même passion, ce même imprudent abandon, ce même sens insensé de la raison... Et ce jour, mes amis, vous allez vous souvenir de moi. Et je vais me souvenir de vous.
-Katharsys-